On imagine souvent Toulon comme une ville-port avant tout, tournée vers sa rade et son arsenal. C’est oublier qu’elle est aussi encerclée de reliefs qui la rendent presque unique sur le littoral méditerranéen : un massif de plus de 500 mètres d’altitude qui plonge quasiment dans la mer, des gorges creusées dans le calcaire à un quart d’heure du centre, et une presqu’île tout en sentiers côtiers. De quoi chausser les chaussures de marche sans quitter l’agglomération, et enchaîner les points de vue sans jamais faire deux fois le même paysage. Avant de partir, un passage par Le Petit Toulonnais, référence locale pour l’actualité et les bons plans du pays toulonnais et du Var, permet de compléter cet aperçu avec des retours d’expérience récents sur le terrain.
Le sentier des Crêtes du Mont Faron, la grande classique
Le Mont Faron n’est pas réservé aux visiteurs du téléphérique. Plusieurs sentiers balisés grimpent depuis les quartiers nord de Toulon jusqu’au sommet, dont le fameux chemin dit « des combattants », emprunté par les troupes françaises et américaines lors du débarquement de Provence en 1944. Compter environ deux heures de montée pour un dénivelé d’un peu plus de 500 mètres, sur un sentier caillouteux qui alterne garrigue basse et pinèdes plus denses côté nord. La récompense arrive dès les premiers replats : la rade se dévoile par pans entiers, puis dans son intégralité une fois la crête atteinte. Les plus sportifs enchaînent avec le sentier de crête vers le Baou de Quatre Ouro et le fort de la Croix-Faron, qui prolonge la balade d’une bonne heure supplémentaire avec vue sur la vallée du Gapeau côté opposé à la mer.
Le massif abrite aussi une faune discrète mais bien réelle : mouflons introduits dans les années 1950, faucons crécerelles nichant dans les falaises, et parfois un aigle de Bonelli en chasse au-dessus des crêtes pour les randonneurs matinaux et attentifs. Plusieurs anciens forts, vestiges de la ceinture fortifiée qui protégeait autrefois la rade (le fort Faron, le fort de la Croix-Faron, le fort Saint-Antoine), ponctuent le parcours et se prêtent bien à une pause pique-nique à l’ombre de leurs murs en pierre.
La forêt domaniale du Faron, fraîcheur et sentier botanique
Moins connu que la montée principale, le versant nord du Faron cache une forêt domaniale bien plus dense qu’on ne l’imagine depuis la ville : pins d’Alep, chênes verts et quelques cèdres plantés au siècle dernier offrent une ombre appréciable dès le printemps. Un sentier botanique, jalonné de panneaux explicatifs, permet d’identifier les essences locales et les plantes aromatiques typiques de la garrigue provençale — thym, romarin, ciste et immortelle en tête. C’est aussi le domaine du zoo du Faron, davantage pensé comme un parc animalier de moyenne montagne intégré à son environnement que comme un zoo classique, une étape appréciée des familles qui coupent la randonnée en deux.
Le Cap Sicié et ses sentiers côtiers, entre falaises et pinèdes
À une vingtaine de minutes de route à l’ouest de Toulon, le massif du Cap Sicié offre un tout autre visage de randonnée : ici, la garrigue tombe directement dans la mer, et les sentiers du littoral serpentent en corniche au-dessus de calanques discrètes, loin de l’affluence de celles de Marseille. Le circuit classique, au départ de Six-Fours-les-Plages, permet de rallier la chapelle Notre-Dame-du-Mai, perchée à plus de 350 mètres et connue pour son panorama à couper le souffle sur l’ensemble de la rade de Toulon jusqu’aux îles d’Hyères par temps dégagé. Prévoir de bonnes chaussures : le sentier, exposé au vent (le fameux mistral y souffle fort), alterne dalles rocheuses et passages en sous-bois de pins parasols tordus par les embruns.
Pour ceux qui ont plus de temps, le sentier du littoral peut se prolonger vers l’est en direction des plages de Six-Fours et du Brusc, offrant une alternative complète à la route côtière pour qui préfère marcher que conduire d’une crique à l’autre. Le site du Cap Sicié est aussi réputé chez les parapentistes et deltaplanistes, qui profitent des ascendances générées par la falaise face au vent marin — un spectacle à lui seul pour qui pique-nique en contrebas, souvent visible depuis les points hauts du sentier en fin de matinée.
Les gorges d’Ollioules, un canyon à deux pas de la ville

Peu de visiteurs de passage savent qu’un vrai canyon se cache à un quart d’heure de route du centre de Toulon. Les gorges d’Ollioules, creusées par la rivière Reppe dans un calcaire spectaculaire, offrent plusieurs itinéraires selon le temps disponible : une courte boucle familiale au fond des gorges, à l’ombre et au frais même en plein été, ou une montée plus engagée vers le village perché d’Évenos et son château en ruine, avec vue plongeante sur l’ensemble du défilé. Le contraste est saisissant avec les paysages littoraux du Cap Sicié à quelques kilomètres seulement : ici, on est davantage dans une ambiance de moyenne montagne provençale, avec ses orgues basaltiques et son microclimat plus frais.
Le village d’Évenos mérite à lui seul le détour en fin de parcours : maisons de pierre volcanique noire construites à même la roche, ruelles étroites quasiment désertées une bonne partie de l’année, et vestiges d’anciennes habitations troglodytiques creusées dans le basalte. La combinaison gorges-village-château permet de construire une boucle d’une demi-journée qui change complètement de registre par rapport aux paysages marins du reste de l’agglomération, tout en restant à moins de vingt minutes de route du centre-ville.
La presqu’île de Saint-Mandrier, le tour complet en une demi-journée
De l’autre côté de la rade, la presqu’île de Saint-Mandrier mérite le détour pour son sentier côtier qui en fait quasiment le tour complet. Accessible en une dizaine de minutes en bateau-bus depuis Toulon — une traversée qui fait déjà partie du plaisir de la sortie — la presqu’île alterne criques discrètes, sémaphore et points de vue sur l’entrée de la rade côté grand large. Compter environ trois heures pour un tour complet à un rythme tranquille, avec plusieurs occasions de piquer une tête en cours de route sur des criques bien moins fréquentées que les plages du Mourillon en pleine saison.
La partie ouest de la presqu’île, moins fréquentée que le front de mer du village, longe d’anciennes fortifications militaires aujourd’hui désaffectées et offre les plus beaux points de vue sur le grand large, direction les îles d’Hyères. C’est aussi l’un des rares endroits du secteur où l’on peut observer, en fin d’après-midi, les allées et venues des bâtiments de la Marine nationale entrant ou sortant de la rade — un spectacle qui rappelle que Toulon reste, encore aujourd’hui, un port militaire de tout premier plan.
Bien préparer sa sortie

La meilleure période pour randonner autour de Toulon reste le printemps et l’automne, quand les températures restent clémentes et la garrigue en fleur ; l’été impose de partir tôt le matin, particulièrement sur les sentiers exposés du Cap Sicié où l’ombre se fait rare. Prévoir systématiquement plus d’eau que d’habitude — le climat méditerranéen déshydrate plus vite qu’on ne le pense — de bonnes chaussures à semelle crantée pour les sections calcaires glissantes, et un coupe-vent léger pour les crêtes, où le mistral peut souffler sans prévenir même par ciel bleu. Pour affiner son choix d’itinéraire selon la saison, le niveau du groupe et les conditions du moment, une bonne source locale reste utile à consulter avant de partir : entre mer et montagne, le pays toulonnais a clairement de quoi occuper plusieurs week-ends de suite sans jamais s’ennuyer.











